Ceci est une version archivée de Risques à 2020-12-11 16:54:42

8. Risques, lieux à éviter, et précautions à prendre


1. Introduction

Réputé tant pour son climat chaleureux que pour sa douceur de vivre, l'Archipel Coopératif est une destination de plus en plus prisée : plages de rêve, expériences inédites, lieux incontournables, culture locale riche, variée et foisonnante...
Mais comme dans toute destination de rêve, il y a des endroits pour lesquels il est préférable d'être équipés, pour lesquels les visites se préparent, pour lesquels la connaissance des coutumes locales sera bien utile afin d'éviter les impairs, voire, les très mauvaises expériences. Éclairages.


2. Les frontières

L'Archipel Coopératif est entouré d'une frontière qu'il s'agit de passer. Les douaniers sont plutôt avenants et nous n'avons pas eu écho d'expériences très délicates ces dernières années. Pourtant, il faut connaître la bonne approche et préparer son itinéraire.

  • Passer le cap de l'implication dans un groupe n'est pas toujours aisé. Ce cap peut aussi être appelé le seuil d'implication : c'est le moment à partir duquel les motivations pour intégrer une dynamique collective (volonté d'apprendre, de partager, de se sentir utile, etc.) deviennent plus importantes que les freins (manque de temps, incompréhension des missions, etc.).
  • Pour favoriser l'implication de nouveaux·elles dans un groupe, une solution : abaisser le seuil d'implication.
Concrètement, cela signifie lever les freins, et augmenter la motivation, par exemple en :
  • Facilitant l'accès aux informations essentielles sur l'organisation du collectif.
  • Créant de petites tâches simples sur lesquelles les personnes peuvent commencer à contribuer.
  • Accueillant les nouveaux·elles en début de réunion, pour s'assurer qu'ils·elles auront le même niveau d'information que les autres.


3. Zones de conflit

Certaines zones de l'Archipel Coopératif, dont il est difficile de reconnaître les contours, ne sont pourtant pas les plus agréables. Quelques indices pour les repérer, lorsque vous vous apprêtez à entrer en territoire peu sûr, et des astuces pour en sortir rapidement.

Tout n'est pas aussi paisible qu'il n'y parait sur l'Archipel et, loin des images de carte postale, existe une réalité aux contours bien différents. C'est notamment le cas pour certaines zones dites "de tension". Ce sont des zones reculées où le lien avec les autochtones est parfois moins aisé :
  • communication parfois difficile,
  • crispations,
  • voire conflit,
  • jusqu'au rejet des voyageur·euses...
Pas de panique, des solutions existent.

L'interconnaissance, un préalable à la coopération
Ne pas oublier que prendre le temps de faire connaissance (par des présentations, des jeux ou des temps informels, des repas, balades, ou ateliers de création...) est un préalable indispensable à la coopération.
L'interconnaissance, en permettant de tisser des liens forts entre les voyageur·euses, pourra ensuite mener à la confiance et à la créativité.

Apprenez la C.N.V - pour Communication Non Violente - dialecte le plus répandu, et base des échanges.
(mettre la vidéo)
La CNV, c'est laisser de la place à la communication interpersonnelle, mais pas seulement. Fondée sur la volonté d'apporter une critique constructive aux échanges, elle laisse de la place à l'expression des états physiques, intellectuels et mentaux.
Comment ?
  • Ne pas hésiter à reformuler ses propos jusqu'à s'assurer qu'ils sont compris de tous·tes
  • changer sa façon de parler en tendant vers la concession, la construction, plutôt que la contradiction.
  • clarifier ses intentions, exprimer ses désaccords, dans le respect de chacun·e.

4 étapes de la CNV clarifiée par l'Université de Nous :
  • 1. Partir de faits ("Quand tu as fait / dit ça...") plutôt que de généralités ("Tu es tout le temps en retard / critique, etc.)
  • 2. Exprimer ce que cela provoque chez soi ("Je me suis senti·e...") en termes d'émotion personnelle ("agacé·e", "triste", etc.)
  • 3. Réfléchir aux besoins que cela provoque pour soi ("besoin de plus d'écoute", "besoin d'être respecté·e", etc.)
  • 4. Transformer le besoin en demande précise, réaliste et réalisable ("je te propose de me prévenir si tu arrives en retard", "je te propose de trouver un espace/temps pour évaluer mon travail", etc.)

Source : Université de nous


Et puis, penser aux petites astuces pour désamorcer des tensions dès le départ, donner de la place à la dimension affective, laisser s'exprimer des émotions (pas toutes hein, il se s'agit pas d'un séjour dans une maison de repos, mais bien d'un voyage) et "poser ses valises émotionnelles" à l'entrée de l'Archipel... Une météo ? Un photolangage ? Un outil d'animation d'éducation populaire ? Des outils "clés en main" existent et sont à disposition dans les différents offices de tourisme de l'Archipel Coopératif.

Enfin, si ça devient trop tendu : la médiation d'un tiers.
Bon là, des professionnel·les près de chez vous peuvent vous aiguiller, ce sont vos guides de voyage ! N'hésitez pas à faire appel à eux·elles, véritables expert·es de l'Archipel Coopératif, ils et elles seront vos accompagnateur·trices et vos relais pour vous aider à franchir les zones de tensions, vous ne pourrez vous en sortir que grandi·es ! Il existe aussi des formations comme Animacoop.


4. Difficultés à se déplacer

Les déplacements au sein de l'Archipel Coopératif peuvent être rendus difficiles par l'état des routes, le délabrements des réseaux de transports en commun, voire par l'incompréhension de la culture locale. Ces difficultés ne sont pas l'apanage des voyageurs : les habitant·es de l'archipel y sont également confronté.e.s au quotidien. Les connaître permet de les anticiper, et cela simplifie beaucoup le quotidien.

Parmi les obstacles que l'on peut rencontrer dans le cas d'un projet coopératif, il y a :

  • les biais cognitifs sont des défectuosités (ou limitations) dans la façon dont nous pensons : des failles dans notre jugement qui naissent d’erreurs de mémorisation, de stéréotypes ou d’erreurs de calcul (comme des erreurs statistiques ou une mauvaise appréhension des probabilités). Ces mécanismes peuvent être utiles pour aller plus vite dans des situations dangereuses, mais peuvent aussi nous jouer des tours, notamment dans la relation de collaboration

  • certains freins que l'on rencontre souvent dans les dynamiques de groupe sont :
    • l'égo peut amener une personne à monopoliser la parole ou faire primer ses intérêts sur ceux du groupe. Un cadre clair aux échanges du groupe peut limiter l'impact de l'égo.
    • la posture de coopération n'est pas évidente pour tou.te.s. C'est une culture qui s'apprend, et un travail de développement personnel permanent.
    • On a souvent l'impression que c'est plus long de travailler de manière collaborative. Pourtant, la diversité des idées et des énergies permet d'enrichir le projet et de le rendre plus durable.
    • Un groupe peut manquer de formation au collaboratif. Le degré de prise de conscience du groupe sur les compétences nécessaires, et la progression de son niveau de maturité, facilitent les relations.

  • Les outils, la méthodologie et l'organisation d'un groupe, s'ils ne sont pas clairs et acceptés par tou.te.s, peuvent également constituer un obstacle. Le fait d'avoir énormément de méthodes et d'outils peut même rendre difficile la coopération, plutôt que de l'accélérer. Ainsi, le fait de faire de petits pas, et de choisir avant tout de faire simple, seront les meilleures manières d'avancer efficacement.

En somme, c'est en étant conscient des blocages potentiels, et en activant l'intelligence du groupe, qu'on pourra les surmonter.


5. Lieux à visiter avec prudence


Certaines villes du pays sont très très peuplées, denses et bruyantes : âmes trop sensibles, allez-y doucement !

Infobécity (anciennement appelée Infobésité sous la colonisation française) est une ville avec énormément d'affichages publicitaires, d'outils technologiques, très densément peuplée, où les gens parlent fort et beaucoup. On a vite fait d'être entrainé dans une ruelle dans laquelle on n'avait pas prévu d'aller, peuplée de petits chats faisant des tours de magie, ou au contraire de se trouver déprimé par une rue dans laquelle on est assailli de nouvelles négatives dans toutes les vitrines.

L'infobésité peut constituer un réel obstacle à la coopération dans un groupe, car elle entrave à la fois les capacités de concentration des participant.e.s, et rend difficile la transmission des informations les plus importantes, qui peuvent être noyées dans le flot.

Une solution : bien baliser son voyage en amont, planifier son itinéraire dans la ville pour ne voir que ce qui nous intéresse, et prendre régulièrement des pauses dans sa chambre d'hôtel.
En clair : il est important d'avoir conscience de toutes les technologies qui sont là capter notre attention, et d'avoir en tête nos buts bien personnels lorsque nous les utilisons. Cela permet de ne pas se laisser distraire, si nécessaire en se dotant d'outils qui aident à rester concentré, à s'organiser efficacement, à avoir facilement accès aux informations importantes. Une grande variété de techniques existent, n'hésitez pas à les explorer !


6. En bref

Vous l'aurez compris, il y a la théorie, puis il y a la pratique. Alors pour transformer les écueils de l'Archipel Coopératif en difficultés constructives, petit rappel du kit minimal :
  • un esprit, une posture : l'envie de faire ce voyage et de partager de façon constructive, accepter qu'il ne soit pas toujours parfait !
  • privilégier une bonne méthode à trop de méthodes ! ou pire.. Toutes les méthodes... En vrai, qui en est capable ? :)
  • se détendre et accepter l'incertitude . On ne coopère pas tout le temps, sur tout, avec tout le monde...

Alors on ne se met pas la pression, on se détend, parfois on aura besoin d'aide, parfois, on n'aura pas tous les outils, parfois il ne faut pas avoir tous les outils. Est-ce que vous êtes prêt.e.s ? .. Sûr.e.s ?
Alors bon voyage !!